Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Catherine Trautmann en tête à Strasbourg et les résultats des élections municipales en Alsace

La participation au premier tour des élections municipales est en hausse par rapport à 2020, le scrutin s’était alors déroulé pendant la pandémie de Covid. Retrouvez ci-dessous les premiers résultats dévoilés au fur et à mesure du dépouillement. À Strasbourg, Catherine Trautmann est largement en tête selon les premiers résultats.

Suivi de la soirée

Ce compte-rendu du premier tour des élections municipales est terminé.

Merci à toutes et à tous de l’avoir suivi. Vous avez été plus de 12 000 personnes en simultané sur nos pages entre 20h30 et 22h. Une forte charge sur nos serveurs qui nous a contraint à ralentir les publications et à proposer une version minimale du site.

On se retrouve demain avec nos analyses du scrutin pour l’Alsace et Strasbourg, et pour toute la suite de la campagne avec notamment la question des alliances à Strasbourg et Schiltigheim.

Nouveau résultat disponible pour Illzach :

Nouveau résultat disponible pour Wittenheim :

Nouveau résultat disponible pour Saint-Louis :

Les résultats définitifs pour Strasbourg sont arrivés, ils confirment l’avance de Catherine Trautmann (PS), la deuxième position de Jean-Philippe Vetter (LR) et la troisième position de la maire sortante Jeanne Barseghian (Les Écologistes). Florian Kobryn (LFI) peut se maintenir au second tour s’il ne s’accorde pas avec Jeanne Barseghian. Pierre Jakubowicz (Horizons) ne peut pas mais ses candidats peuvent être récupérés dans une autre liste.

Très heureuse d’être arrivée en tête du premier tour des élections municipales à Strasbourg, Catherine Trautmann appelle ses militant·es à continuer leur travail de terrain avant le second tour. Elle annonce un second meeting de campagne mercredi 18 mars.

Nouveau résultat disponible pour Rixheim :

Jean-Philippe Maurer, soutien et colistier de Jean-Philippe Vetter (Les Républicains) à Strasbourg détaille comment il voit le second tour.

Nouveau résultat disponible pour Lingolsheim :

Dino Margarito, ancien technicien chez Mercedes Benz à Molsheim, 53e sur la liste de Jean-Philippe Vetter, réagit au bon score de sa liste de droite.

Nouveau résultat disponible pour Sélestat :

Florian Kobryn, acclamé à son retour de France 3 Alsace, par ses partisans.

Nouveau résultat disponible pour Illkirch-Graffenstaden :

Nouveau résultat disponible pour Schiltigheim :

Jeanne Barseghian réagit à son score après son passage à France 3 Alsace. Elle estime que le résultat reste « très ouvert ». Quant à une alliance avec la liste menée par Florian Kobryn (La France insoumise), elle se dit prête à dialoguer « avec l’ensemble des forces de gauche ».

Nouveau résultat disponible pour Haguenau :

Nouveau résultat disponible pour Colmar :

Florian Kobryn réagit à son score, autour de 12% des suffrages exprimés. Il attend que Jeanne Barseghian lui fasse des propositions en vue d’une éventuelle alliance en vue du second tour. Lui s’y dit favorable.

Pour le député PS Thierry Sother, soutien de Catherine Trautmann et 2e sur sa liste, « les résultats confirment la dynamique ressentie pendant la campagne et attestent d’un véritable désaveu pour l’équipe sortante de Jeanne Barseghian. » Il appelle « à amplifier cette dynamique pour les prochains jours de campagne ». Alors que le candidat de la droite Jean-Philippe Vetter (LR) reécolterait 23% il balaie : « Jean-Philippe Vetter n’incarne pas l’alternance. »

Dans son discours devant ses militants, Jean-Philippe Vetter (Les Républicains) s’est déclaré « prêt » à être le futur maire de Strasbourg. Il a résumé la situation aux Strasbourgeois·es en indiquant qu’ils et elles avaient désormais le choix entre deux listes de gauche et lui.

Jean-Philippe Vetter est ovationné à sa soirée électorale. Il arrive en seconde position selon les résultats partiels qui le placent autour de 20% des suffrages exprimés.

Les résultats partiels à Strasbourg confirment le sondage de sortie des urnes de France 3 Alsace avec en tête Catherine Trautmann, puis Jean-Philippe Vetter puis Jeanne Barseghian :

Martin Perrault, soutien de Pierre Jakubowicz, s’occupe de la com sur les réseaux :

« En réalité, le fait que Pierre Jakubowicz ne soit pas dans la course pour être maire, on s’y attendait. On savait très bien qu’il n’a pas la notoriété de Vetter, Trautmann ou Barseghian. On avait quand même un bel accueil sur le terrain. On espère être le plus haut possible évidemment, pour les négociations avant le second tour, et peser au maximum avec une alliance. »

Il y a 10 minutes, des cris de joie se faisaient entendre au QG de Jean Philippe Vetter, au bowling de l’Orangerie. Donné deuxième selon les premières estimations, les militants et militantes sont souriants : « c’est excellent ! »

Deuxième sur la liste de Jean Philippe Vetter, l’historienne Frédérique Neaud-Dufour reste prudente : « C’est une estimation positive pour nous. Mais Jean Philippe Vetter l’avait dit avant ce premier tour, il n’y aura pas d’alliance. »

Frédérique Neau-Dufour au bowling de l’Orangerie.

Jeanne Barseghian, qui arriverait en troisième position avec 18,8% des voix selon des estimations à la sortie des urnes, va consulter ses équipes et les 11 formations qui composent sa liste au sujet d’une éventuelle alliance avec la liste menée par Florian Kobryn (LFI), créditée de 11,8% des voix et donc en capacité de se maintenir au second tour.

Catherine Trautmann en tête à Strasbourg

Selon un sondage réalisé à la sortie des urnes pour France 3 Alsace, Catherine Trautmann est en tête à Strasbourg suivie par Jean-Philippe Vetter. La maire sortante Jeanne Barseghian n’arrive qu’en troisième position.

À Lingolsheim, la maire de droite, Catherine Graef-Eckert a été réélue dès le premier tour malgré la présence de deux listes concurrente, une de gauche et une d’extrême droite.

Silence dans l’assemblée socialiste réunie au Quai de Scène après avoir écouté le secrétaire nationale du Parti socialiste Olivier Faure. Un militant socialiste souffle juste après la fin du discours : « Il pense déjà à la présidentielle… » Une logique partisane que rejette Mathieu Cahn : « Nous notre sujet ici ce n’est pas l’élection présidentielle. Notre sujet c’est la ville de Strasbourg et ses habitants et le fait de tourner la page Barseghian. »

Mathieu Cahn est le codirecteur de campagne de Catherine Trautmann.

« Il n’y a eu aucune discussion avec aucun candidat », assure Mathieu Cahn, interrogé sur de potentielles alliances en construction du côté socialiste. « Il n’y a pas forcément de volonté de discuter avec un candidat ou l’autre. Tout dépendra des résultats », continue le colistier de Catherine Trautmann. Mathieu Cahn se dit « totalement serein » à l’approche des premiers résultats.

Nouveau résultat disponible pour Mulhouse :

Au Quai de Scène, lieu culturel près de la place de l’Étoile qui héberge les soutiens de Catherine Trautmann, on suit les premiers résultats sur France 3 Alsace. Quelques exclamations de déception face aux résultats du maire de Hoenheim, Vincent Debes, qui l’emporte dès le premier tour.

Et c’est parti pour les résultats ! Ceux des villes alsaciennes arriveront avant Strasbourg et ils sont consultables sur cette page :

Vincent, 52 ans, travaille à l’Esat de l’Essor. Au bureau de vote 626, du Neuhof, il a fait le choix « des petits partis » en donnant sa voix à Neïla Boutghata, « une fille du quartier », explique-t-il :

« Parmi tous les candidats, c’est elle qui m’a convaincue. C’est elle qui parlait le plus des associations, et notamment du handicap. » Depuis le deuxième quinquennat de Emmanuel Macron, Vincent admet s’être détourné des partis traditionnels. Face à la montée de l’extrême droite en France, « les petits partis peuvent assurer un renouveau », espère-t-il.

Salah, gérant d’un magasin de commerce alimentaire à Strasbourg, habite le quartier Laiterie :

« J’ai voté pour La France insoumise, je sais plus son nom au candidat. Je pense que c’est ceux qui défendent le plus les personnes issues de l’immigration, les musulmans qui sont victimes de discriminations. J’ai vu qu’ils souhaitent vraiment aider les personnes en difficulté à Strasbourg. La maire actuelle, je trouve qu’elle a exagéré avec les pistes cyclables. Je perds beaucoup de temps dans la circulation, avec tous les nouveaux panneaux à sens unique qu’il y a maintenant… »

Au groupe scolaire du Neufeld, qui accueille le bureau de vote 124, Pierre a renoncé à voter Jeanne Barseghian après avoir écouté le débat. « Elle a fait savoir qu’elle n’était pas opposée à une alliance avec La France insoumise. Or je regrette cette compromission des partis de gauche avec LFI. » Ancien militant PS, il dénonce « l’antisémitisme » au sein du parti présidé par Jean-Luc Mélenchon. « Depuis le Nouveau Front populaire, voter à gauche, c’est devenu compliqué pour moi », siffle celui qui préfère garder secret son bulletin.

Kevin et Lucie habitent à côté du musée d’art moderne. Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg / cc

Kevin et Lucie habitent à côté du musée d’art moderne. Kevin est menuisier, Lucie chef de projet en recherche privée :

« On voté pour la maire sortante, je trouve que ce qu’elle a fait est très bien pour désengorger la ville en voiture. Le fait qu’il y ait moins de voiture et plus de pistes cyclables, c’est bien. On va au travail à vélo donc c’est parfait pour nous. »

Quant à Lucie, elle a particulièrement apprécié « les paniers de légumes bio pour les femmes enceintes. »

Yann, 48 ans, est venu au groupe scolaire du Neufeld pour accompagner Louise. Habitant de Strasbourg depuis près de 12 ans, il peine à se souvenir des dernières élections auxquelles il a participé. « Le dernier mandat ? Sûr que non », rembobine-t-il. Je ne m’intéresse pas particulièrement à la politique », tient-il à expliquer, dans un haussement d’épaules. « La dernière fois, c’était à la présidentielle, pour faire barrage à l’extrême droite », retrace cet acteur du secteur culturel.

Marc, habite Lingolsheim. Il est venu faire ses courses au supermarché Pro Inter de Montagne Verte :

« Je vais pas voter, je suis contre les élections. Pour moi ils sont tous corrompus. Peu importe gauche droite centre, il y aura jamais la paix, un bel avenir… Je suis la politique de loin mais ça ne m’intéresse pas, quand on voit tous les scandales, ça donne pas envie. »

« J’ai mis mes lunettes vertes mais elles ne sont pas à propos », s’amuse Christine, 61 ans. Elle et Rainer (72 ans) ont tous deux voté pour Catherine Trautmann dans le bureau Iris du Neuhof. Pour ce couple franco-allemand, la politique cyclable de la majorité sortante a eu raison de leur vote écologiste. « Rue des Grandes-Arcades c’est vraiment devenu dangereux. Si demain on a un handicap, on ne pourra plus aller en ville », vise Christine. « Alors après avoir voté Barseghian, c’est à nouveau au tour de Trautmann », sourient-ils.

Au bureau de vote 623, il y a 526 votants pour 1 030 inscrits vers 17h30, indique son président. « On ne va pas s’enthousiasmer parce qu’il y a 50% de participation, m’enfin c’est déjà bien » relève Anne, assesseuse de ce bureau du Neuhof. Si elle a déjà occupé la fonction il y a plusieurs années, pour Michelle sa camarade de l’après-midi, c’est une première : « J’avais très envie de le faire. J’ai emménagé dans le quartier il y a peu, et j’ai vraiment envie de m’y investir. »

Jarat a 46 ans et trois enfants. La mère de famille a trouvé que le mandat de la maire écologiste était « pas mal » mais c’est la question du stationnement qui l’a poussée à choisir Catherine Trautmann. Après avoir été embêtée par les travaux du réseau de chaleur urbain et la construction de pistes cyclables qu’elle trouve trop grandes, elle regrette la baisse du nombre de places de stationnement dans le quartier :

« Dans notre famille, il y a trois voitures. Les garages sont tous pris. J’ai fini par avoir un budget pour les amendes tellement j’en ai reçu. Je ne trouvais pas de place dans mon quartier. Et il manque aussi des places pour les handicapés à Cronenbourg. Alors j’ai décidé de voter pour Catherine Trautmann parce que je sais qu’avec elle, il y aura moins de problèmes pour le stationnement. »

Madame Host, présidente du bureau de vote 211, à l’école Erckmann-Chatriand à la Montagne verte :

« La participation est très surprenante. On a un taux beaucoup plus bas que d’habitude. On est autour de 220 votants sur 1 040 inscrits à 17h20. Aux élections législatives, on était à 500 à cette heure-ci et à la fin de la journée on arrivait presque à 700. Aujourd’hui, c’est très calme. Selon les retours que j’ai eu, c’est parce que les gens se perdent dans ces élections parce qu’il y a trop de candidats… Ils disent qu’ils voteront au second tour. »

Raphaëlle, archiviste à son compte pour des administrations ou des entreprises, habite à la Montagne verte :

« J’ai voté pour Jeanne Barseghian. Je me rendais compte que ça me tient à cœur que l’écologie soit au moins représentée dans le villes de ce pays. Je ne suis pas spécialement militante mais ça me semble important. S’il l’écologie n’est pas présente politiquement dans les grandes villes, elle ne le sera pas ailleurs. Les pistes cyclables, l’extension du tram, ça me parle mais ma préoccupation se situe au niveau global. »

Pamela vit avec ses trois enfants.Photo : Margaux Delanys / Rue89 Strasbourg / cc

Au bureau de vote 623, à l’AEP Krammerhof, Pamela, 44 ans, vit avec ses trois enfants au Neuhof. Celle qui « vote parce qu’il faut voter » balance à droite mais préfère taire le nom qu’elle a glissé dans l’urne. Très critique du mandat de la maire sortante, elle s’est déplacée pour « redonner la parole aux automobilistes » alors que les « pistes cyclables sont dangereuses pour les piétons ».

Véronique a trouvé Jean-Philippe Vetter le plus convainquant.Photo : Margaux Delanys / Rue89 Strasbourg / cc

À sa suite, Véronique, infographiste de 57 ans a elle aussi choisi le vote contestataire. « Moi je circule à vélo, mais les rares fois où je prends la voiture, c’est devenu un enfer ». Elle assure éviter certains tronçons, aménagés durant la mandature écologiste. « Tout sauf elle », s’exclame-t-elle sans animosité. Installée au Neuhof en 2011, elle a décidé de voter pour Jean-Philippe Vetter. Si elle admet ne « pas être en accord avec l’ensemble de son programme, il était le plus convaincant », appuie-t-elle.

Maria habite dans le quartier pavillonnaire de l’Elsau. Elle travaille aux Hôpitaux universitaires de Strasbourg en tant que secrétaire :

« Pour moi, le vote c’est une illusion. Les politiques font ce qu’ils veulent. Le ver est dans la pomme. Moi je vote pour la seule qui protège les Français, pour Virginie Joron ! »

Jacobe vote pour Catherine Trautmann, le tram et parce qu’il connait l’ancienne maire. Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc

Jacobe, habite dans la cité de l’Elsau. Il est agent de nettoyage :

« Je vais voter pour Madame Trautmann. C’est elle qui a commencé en premier à faire des choses comme le tram, c’était super. C’est elle que je connais. Les autres je sais pas ce qu’ils peuvent faire. Je vote pour quelque chose que je connais et qui est bien. Et c’est bien si le tram s’agrandit par exemple, il faut que ça aille au bout des quartiers maintenant. »

Participation en nette hausse en fin de journée

Dans le Bas-Rhin, le taux de participation au premier tour des élections municipales est de 46,10 %. C’est un chiffre en nette hausse par rapport au premier tour 2020, qui n’avait mobilisé à la même heure que 31,87 % des électeurs et des électrices. Mais le scrutin se déroulait alors en pleine pandémie de covid. Dans le Haut-Rhin, la participation est de 46,40 % (32,15 % en 2020).

À Strasbourg, la participation à 17h est de 44,40 %, également en nette hausse par rapport aux dernières élections municipales (28,93 %).

Sur l’ensemble du territoire national, près de la moitié des Français se sont déplacés pour voter à 17h. Le ministère de l’Intérieur communique le chiffre de 48,90 %. Au premier tour des élections municipales de 2020, il était de 38,77 % à la même heure mais il était supérieur en 2014 (54,72 %) et 2008 (56,25 %).

À l’école élémentaire Gustave Doré à Cronenbourg :

  • Bureau de vote 309 : 437 votants pour 910 inscrits
  • Bureau de vote 317 : 461 votants pour 1 012 inscrits
  • Bureau de vote 310 : 460 votants pour 1 024 inscrits

Au bureau 626, institut médico-légal Iris du Neuhof : 400 votants sur 690 inscrits enregistrés à 16h30. « Je pense qu’on bat le record de participation du bureau », enthousiasme son président, Jean-Charles.

Audrey Schleifer, secrétaire du bureau de vote 216 à l’école Leonard de Vinci bureau s’enthousiasme :

« À 16h20, on est à 561 votants sur 1 144 inscrits. 49,03%, c’est un bon taux pour ce bureau qui agrège les habitants du quartier pavillonnaire de l’Elsau. À midi, j’ai vu que la moyenne était de 20% dans le Bas-Rhin et nous on était à 25%. »

Nadia Boukazza, présidente du bureau de vote 214, Elsau Cité, est dans le même bâtiment que le précédent : « Mais ici, on n’est qu’à 25% de votants à peu près, 264 votes sur 981 inscrits. On a souvent beaucoup de moins de vote ici que en face, c’est assez fréquent. »

Amélie Maennel, assesseuse du bureau 2014.Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg / cc

Charlotte, 35 ans, sort du bureau de vote de l’école Gustave Doré à Cronenbourg. Journaliste en matinale, elle a hésité entre Jeanne Barseghian et Catherine Trautmann. Alors elle a relu les programmes. Elle a regardé le bilan de la maire écologiste puis elle s’est décidé sur une mesure qui la touche au quotidien :

« C’est égoïste mais j’ai voté sur la question de l’éclairage public. Je travaille en matinale. Je dois prendre le tram à 4h30. Entre ma maison et l’arrêt, il y a 600 mètres. Je me sens souvent pas en sécurité. Le fait que Catherine Trautmann propose de revenir sur l’extinction des éclairages publics la nuit m’a décidé à voter pour elle. Je voulais aussi un petit peu de changement. Je n’ai pas trouvé que le mandat de Jeanne Barseghian avait été incroyable. Ma seule réserve porte sur l’âge de Catherine Trautmann. »

Les panneaux électoraux près de l’école Gustave-Doré. Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc

Au bureau 626, institut médico-éducatif IRIS hébergé à l’école élémentaire Ampère au Neuhof, Alexandra et Soy, la quarantaine, illustrent l’hésitation des habitants et habitantes de Strasbourg pour les deux anciennes maires. Cadre dans la fonction publique, Alexandra, qui se décrit comme « une fille du PS » a voté pour Jeanne Barseghian, la maire sortante (Les Écologistes). Incollable sur les mesures mises en place par la municipalité écologiste, elle égrène :

« Il y a eu de nombreuses avancées, tant du point de vue de l’urbanisme avec la création des pistes cyclables, qu’en termes de budget social. Et puis il y a eu des avancées féministes, avec la mise à disposition de serviettes hygiéniques dans les toilettes de la ville. »

C’est pour son bilan quelle a choisi de lui redonner sa confiance. Son mari, lui, a choisi de déposer un bulletin pour la liste de Catherine Trautmann. S’il reconnaît avoir hésité, cet ouvrier spécialisé se dit déçu, comme Alexandra, que la gratuité des transports n’ait pas été envisagée. La gratuité pour les plus jeunes a pourtant « transformé nos quotidiens », soulignent-ils :

« Avant, on emmenait les enfants partout. La carte [d’abonnement] était chère, alors on évitait les frais de cette manière. Mais depuis que les transports sont gratuits, ils sont beaucoup plus autonomes, c’est une vraie décharge pour nous. C’est un cercle vertueux. Et puis c’est écologique. »

À l’école élémentaire de Cronenbourg centre, il y avait à 16h 604 votes enregistrés sur 1 262 électeurs inscrits au bureau de vote 306 et 571 votes sur 1 139 inscrits au bureau de vote 307.

Maryline, comptable de 40 ans, sort du bureau de vote de l’école élémentaire Cronenbourg centre. À son bras, sa mère ne se souvient déjà plus pour qui elle a voté. Sa fille Maryline explique qu’elle a la maladie d’Alzheimer. D’abord elle refuse de donner son choix : « C’est pas pour rien qu’on passe dans l’isoloir ! » Puis elle évoque « Trautmann et la verte » qui n’ont « rien fait pour faire baisser la délinquance ». Puis elle se plaint de l’assistanat en France : « Moi je suis pour la diversité mais sans assistanat. Comment ça se fait que je paye une fortune pour aller chez le dentiste et de l’autre des étrangers ne payent rien pour aller chez le médecin ? » Elle conclut sur un vote « qui n’a jamais changé depuis 40 ans » : le Front puis le Rassemblement national.

Christophe a toujours voté mais il en a un peu marre… Photo : Margaux Delanys / Rue89 Strasbourg

D’aussi loin qu’ils se souviennent, Christophe et Chantale ont toujours voté. À la soixantaine, le couple travaillant dans le secteur médical éprouve toutefois un sentiment de désaffection pour la politique, y compris locale. « Je ne savais même pas quel bulletin j’allais mettre dans l’enveloppe », glisse Christophe devant le bureau de vote installé dans le complexe de l’Institut médico-educatif du Neuhof. « Maintenant je vote moins par conviction que par dépit. » Celui qui se définit comme du centre-droit déplore l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir, qui « a fusillé les partis traditionnels ». En tant que diacre de la paroisse protestante du quartier, il préfère taire le nom qu’il a déposé dans l’urne.

La participation globale est de 16,74% à Strasbourg à la mi-journée mais elle est différemment répartie selon les bureaux de vote.

Olivier, Hélène et Alice sont venus en famille pour voter à l’école élémentaire de Cronenbourg. Le premier, ingénieur territorial de 54 ans, a hésité entre Catherine Trautmann et Jeanne Barseghian. Il a fini par voter pour la seconde :

« Revenir sur l’extinction des éclairages des rues pour moi c’est problématique. C’est une mesure positive pour la biodiversité. Je trouve que les enjeux écologiques sont trop laissés de côté par Catherine Trautmann. »

À ses côtés, Hélène, conseillère principale d’éducation de 52 ans, a eu du mal à choisir entre La France insoumise (LFI) et le Nouveau parti anticapitaliste (NPA). Elle a finalement glissé un bulletin insoumis dans l’urne : « La France insoumise est une force plus construite politiquement. Ce que je soutiens, c’est plus une posture d’opposition. »

Assistante d’éducation en collège, Alice, 27 ans, est venue du Neudorf pour voter. Elle a longtemps hésité entre la maire sortante et la France insoumise, pour choisir la candidature de Florian Kobryn (LFI) :

« J’ai choisi LFI parce qu’ils s’adressent mieux aux jeunes de mon âge sur la lutte pour les femmes et les plus précaires. Et puis j’ai aussi eu de gros problèmes avec le stationnement à Neudorf. Avec mon conjoint nous sommes contraints d’avoir une voiture chacun. Ça nous coûte 90 euros par mois de se garer près de chez nous. En tant qu’automobiliste, je ressentais presque un syndrome de l’imposteur à voter pour Jeanne Barseghian. »

Sophie, 40 ans, est cadre dans le milieu de l’aide sociale. Électrice du parti socialiste depuis son premier vote, elle a voté Catherine Trautmann, un « choix de cœur » au bureau de vote de l’école maternelle Cronenbourg centre. Le mandat écologiste n’a fait que renforcer sa conviction :

« C’était un mandat très démagogique. Même si je suis convaincue de l’importance de l’écologie au quotidien, là on a eu quelques arbres plantés et la maire parle de végétalisation de la ville… Il y a eu aussi une forme d’amateurisme, sur la construction des logements sociaux notamment, le rythme de construction a beaucoup trop baissé. Ça me désole. »

Les listes affichent les candidats au conseil municipal et au conseil communautaire (conseil de l’Eurométropole).Photo : Pascal Bastien / Rue89 Strasbourg

Marie, 80 ans, refuse absolument d’être prise en photo. Ancienne chanteuse du choeur de l’opéra national du Rhin, elle vient de voter pour Jeanne Barseghian dans l’un des bureaux de vote de l’école Saint-Jean, derrière les Halles. Elle a trouvé la campagne « bien perturbée » :

« Avec toutes les guerres, c’était difficile de s’intéresser à la politique locale… et on se dit qu’on a bien de la chance de pouvoir aller voter comme ça, simplement. Je me suis surtout documentée à partir des tracts distribués sur les marchés. Mais mon choix s’est arrêté assez vite sur la maire. J’ai envie de lui faire confiance encore six ans… Tout n’est pas parfait mais quand même, le positif l’emporte sur le reste. Et puis les autres veulent tout chambouler, non, non, non. »

Gérald a plus voté par conviction générale que par adhésion.Photo : Pierre France / Rue89 Strasbourg / cc

Employé chez Orange, Gérald, 52 ans, a voté pour Jeanne Barseghian dans l’un des bureaux de l’école Saint-Jean derrière les Halles. Passionné par la politique locale, nationale et internationale, il a suivi de « très près » la campagne électorale :

« La campagne a été un peu dégueulasse. Il faut du conflit en politique, c’est normal pour le débat d’idées, mais la manière dont ça tourne est trop négative. Le fond a disparu derrière les petites phrases, c’est ce qui explique que les gens se détournent de la politique…

Gérald n’a pas beaucoup hésité. Il se définit comme un « écologiste radical » :

« La campagne n’a pas fait évoluer mon vote. J’ai voté pour Jeanne Barseghian, d’abord parce que je pense qu’il n’y a pas assez d’écologie, à tous les niveaux. Que quelques villes soient passées “vertes” en 2020, je ne trouve pas ça suffisant mais c’est un premier symbole que j’ai eu envie de soutenir. Les pistes cyclables à la place des tunnels pour les voitures, c’est vrai que je préfère mais ça va pas assez loin. »

La participation semble en légère hausse dans le Bas-Rhin puisqu’elle s’établie à 20,57% des électeurs inscrits à midi. En 2020, cette participation était de 18,66% dans un contexte marqué par la crise sanitaire du Covid.

À Strasbourg, la participation à midi est de 16,74%, deux points de plus que celle de 2020 à la même heure (14,47%).

Dans le Haut-Rhin, la participation à midi s’est établie à 16,87%, quasiment identique à celle de 2020 (16,86%).

Les bureaux de vote sont ouverts jusqu’à 18h partout et jusqu’à 20h à Strasbourg. Photo : Pierre France / Rue89 Strasbourg / cc

En France, la participation à mi-journée est en légère hausse et s’élève à 19,37 % contre 18,38% à la mi-journée du premier tour des élections municipales de 2020. Au premier tour des élections municipales de 2014, elle était de 23,16 % à la même heure et au premier tour des élections municipales de 2008, elle était de 23 % à midi.

Hatim connaissait son vote depuis longtemps.Photo : Pierre France / Rue89 Strasbourg / cc

Hatim, réalisateur de 53 ans, a voté pour Catherine Trautmann dans l’un des bureaux hébergés par l’école Saint-Jean derrière les Halles :

« J’avais envie de voter pour Catherine Trautmann dès qu’elle s’est présentée. Mon vote n’a pas varié durant la campagne. Je la connais de ses premiers mandats et j’avais déjà apprécié son bilan à l’époque. Et je ne voulais plus des Écologistes, je peux adhérer à leurs choix comme les pistes cyclables et tout ça mais je les ai trouvés incompétents sur la durée. Il y avait un côté perlimpinpin à droite et à gauche pas maîtrisé et finalement, ça se voit avec l’endettement de la ville. »

Notre premier article sur les élections municipales 2026 date de juin 2022. Sauriez-vous deviner de quoi il s’agissait ?

Les professions de foi ont été envoyées cette semaine dans toutes les boites aux lettres des électeurs et électrices inscrites sur les listes électorales. Si vous ne les avez pas reçues, il est possible que votre adresse actuelle ne soit pas celle qui corresponde à votre bureau de vote.

L’administration française a mis en ligne un site dédié pour vérifier sa situation électorale. Pour les électeurs et électrices strasbourgeoises, la Ville de Strasbourg a mis en ligne un site plus simple à utiliser.

Le premier tour des élections municipales doit permettre de préparer un second tour avec les listes ayant dépassé 10% des suffrages exprimés.

Bienvenue dans ce compte-rendu en direct de la journée électorale. Quelques informations seront publiées ce matin tandis que cet après-midi, nos journalistes iront à la rencontre des électeurs et des électrices pour prendre leurs avis sur le scrutin, la campagne et les propositions des candidats.

Des points sur la participation sont attendus à midi et à 17h. Les bureaux de vote ferment à 18h partout en Alsace sauf à Strasbourg où le vote est possible jusqu’à 20h.

Les premiers résultats sont attendus vers 20h pour l’Alsace, où le premier tour sera déterminant dans la vaste majorité des cas. Les résultats strasbourgeois sont attendus plus tard mais notre carte affichera les résultats des bureaux de vote dès qu’ils seront validés.

Résultats par commune en Alsace

Résultats à Strasbourg par bureau de vote